La gestion des espèces aquatiques envahissantes commence par l’obtention de bonnes données

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Michael Hall Member Name

Spécialiste de l’environnement

Les plantes aquatiques envahissantes sont un problème partout dans le monde. Transportées accidentellement ou intentionnellement, certaines plantes connaissent un succès extraordinaire dans leur nouvelle demeure. Elles obstruent ainsi les tuyaux de prise d’eau, s’accrochent aux hélices des bateaux, envahissent les plantes indigènes, absorbent l’oxygène dont les poissons ont besoin et diminuent la valeur des biens.

En examinant de près la gestion d’une de ces plantes (Hydrilla verticillata ou Élodée du Canada), il est possible de constater certaines tendances dans le domaine.

Hydrilla a été introduite aux États‑Unis depuis l’Asie, où elle est indigène, comme plante d’aquarium attrayante. Elle a été trouvée pour la première fois dans les eaux de la Floride dans les années 1950, et elle est maintenant courante dans tout le Sud‑Est.

Délimiter la combinaison adéquate de technologies traditionnelles et de pointe

Comme pour beaucoup de ces plantes envahissantes, la gestion d’Hydrilla commence par une idée claire du problème en cause. Il s’agit d’établir une délimitation : déterminer l’emplacement des espèces ciblées, leur répartition et leur densité de population, ainsi que les répercussions sur la région.

Certaines façons de le faire sont nouvelles, y compris en faisant appel de plus en plus aux véhicules aériens sans pilote, qui peuvent arpenter rapidement de vastes zones d’un plan d’eau à faible coût et d’une façon sécuritaire pour les membres de l’équipe.

Les modèles informatiques nous aident à repérer les endroits susceptibles de faire l’objet d’un levé, compte tenu de ce que nous savons au sujet de la profondeur de l’eau, de la turbidité, de la température et d’autres facteurs. Ces modèles nous aident également à faire le suivi des résultats de recherche, y compris l’information reçue du public. Ils permettent de concentrer nos recherches sur les zones où les espèces ciblées sont susceptibles d’être présentes, afin que nous ne perdions pas de temps à chercher dans des zones où il est peu probable qu’il y en ait.

D’autres méthodes de surveillance des plantes sont plus traditionnelles, peu technologiques et moins quantitatives, comme le « prélèvement au râteau ». Il s’agit de prendre la tête métallique de deux râteaux de jardinage ordinaires, de les fixer l’un à l’autre et de les attacher à un fil. Ce dispositif est lancé d’un bateau pour draguer le plan d’eau, puis ramené à la surface.
Invasive aquatic plants are a problem all over the world. Transported either by accident or intentionally, some plants are extraordinarily successful in their new home. As a result, they clog water intake pipes, entangle boat propellers, crowd out native plants, take up oxygen needed by fish, and depress property values.

Taking a close look at management of one such plant – Hydrilla verticillata or water thyme — helps show some of the trends in this field.

Hydrilla was brought to the United States from its home in Asia as an attractive aquarium plant. It was first found in Florida waters in the 1950s and is now common throughout the southeast.

Delineation: the right mix of traditional and leading-edge technology

Managing Hydrilla, as with many such invasive plants, starts with getting a clear idea of the problem at hand. This involves delineation – finding out the location of the target species, its distribution and population density, and how it impacts that area.

Some ways to do this are new, including the growing application of aerial drones, which can survey vast areas of a body of water quickly, at low cost, and in a way that’s safe for team members.

Computer based models help us track likely locations to be surveyed, given what is known about the depth of the water, turbidity, temperature, and other factors. These models also help us track research results, including information received from the public. They allow us to focus our research on areas where the target species is likely to be found, so we do not waste time looking in areas where it is unlikely to be.

Other plant monitoring methods are more traditional, low tech and less quantitative– such as the “rake toss.” This means taking the metal heads of two ordinary gardening rakes, fastening them back to back, and tying them to a cord. This device is thrown from a boat, dragged along the bottom of the water body, and then pulled back to surface.

L’étude des plantes prélevées au moyen d’un râteau est un bon moyen de déterminer la présence ou l’absence des espèces ciblées et leur densité de population. La méthode du prélèvement au râteau fournit également des données générales sur la densité et la répartition des communautés de plantes aquatiques qui peuvent être utilisées dans le plan de gestion. Les prélèvements au râteau peuvent être effectués selon un quadrillage coordonné ou le long de lignes de contour sous l’eau qui ne dépassent pas la profondeur maximale connue de l’espèce, ou encore en fonction d’un système répondant aux objectifs de recherche.

Cependant, rien ne peut remplacer une présence physique sur le terrain ou dans un bateau, surtout si cette présence est locale. Nous constatons que, si nous sensibilisons les intervenants locaux aux problèmes posés par des espèces comme Hydrilla, nous obtenons une coopération et un soutien extraordinaires.

Habituellement, nous communiquons avec les municipalités, les associations de chasseurs et de pêcheurs, les associations de propriétaires fonciers, les responsables de marinas et les exploitants de rampe de mise à l’eau, bref toute personne s’intéressant à la qualité de l’eau dans les lacs, réservoirs et cours d’eau de la région.

Il est parfois utile de tenir des réunions en personne, mais nous faisons aussi appel à des équipes de relations publiques pour communiquer avec les médias d’information locaux, créer des sites Web d’information et assurer une présence dans les médias sociaux. Nous avons même posé des affiches – ressemblant aux anciens avis de recherche « mort ou vif » – dans des endroits où la circulation est dense, comme les rampes de mise à l’eau et les quais. Cela aide le public à bien identifier les espèces préoccupantes.

Nous demandons aux membres du public de prélever des échantillons de plantes qu’ils croient être des espèces ciblées et de les déposer dans des contenants spéciaux que nous plaçons dans les marinas et aux rampes de mise à l’eau. Nous les incitons également à prendre des photos des plantes qu’ils voient et à les télécharger ou à les envoyer par courriel. Nous leur demandons de noter des détails comme le fait qu’ils ont trouvé la plante sur l’eau ou sur la terre ferme, l’emplacement exact, les conditions météorologiques et d’autres facteurs.

La mobilisation du public suppose par ailleurs d’informer le public sur la façon dont il peut éviter de favoriser la propagation des espèces envahissantes à d’autres secteurs du même plan d’eau ou à d’autres lacs et cours d’eau.

Le plan de gestion dépend des objectifs du projet.

Une fois les espèces délimitées, l’étape suivante consiste habituellement à élaborer un plan de gestion du problème, qui dépend de ce que notre client veut faire et de ses objectifs.

Parfois, les organisations pour lesquelles nous travaillons sont axées sur les loisirs, et elles veulent s’assurer que le plan d’eau est en bon état pour les pêcheurs et ceux qui dépendent des activités des pêcheurs, comme les hôtels, les gîtes et les marinas. Il peut s’agir d’accorder une grande priorité au fait de garder les plantes loin des rampes de mise à l’eau.

Dans d’autres cas, il se peut que nous travaillions pour un service public d’électricité ou d’eau qui veut s’assurer que ses entrées d’eau ne sont pas bloquées et que des plantes ne sont pas entraînées dans des turbines, des vannes ou des pompes du système et ne les endommagent pas.

Dans les cas où l’espèce végétale est bien enracinée, il est rare qu’on nous demande d’éliminer complètement une espèce du plan d’eau. C’est en partie à cause du coût et parce que la réintroduction de l’espèce est trop probable. Hydrilla est particulièrement difficile à éradiquer, car elle peut se propager par fragmentation lorsque les plantes sont coupées en morceaux par l’hélice d’un bateau. De plus, les tubercules reproducteurs d’Hydrilla peuvent demeurer dormants dans les sédiments pendant des années avant de croître.

L’objectif du plan de gestion est plutôt d’utiliser les meilleurs outils et les meilleures données disponibles pour contrôler les dommages et atténuer la propagation des espèces ciblées.

À Propos De L’auteur

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