Les partenariats : la clé du développement minier durable en Afrique

Antoinette Pietersen

Responsable de la mobilisation des intervenants et formatrice

Les collectivités africaines riches en ressources minières sont à l’avant-garde du changement social.

La relation entre les sociétés qui exploitent les précieuses ressources de la Terre et les gens qui vivent sur des terres qu’ils chérissent depuis des temps immémoriaux évolue vers des partenariats productifs qui profitent aux collectivités et aux sociétés minières.

Les sociétés minières sont à la base de la chaîne mondiale d’approvisionnement en ressources, fournissant les ressources naturelles, dont les métaux et les minéraux, nécessaires pour satisfaire le désir de progrès de la population mondiale. Cette tâche colossale s’accompagne de la responsabilité sociale d’être un partenaire fonctionnel dans les collectivités où elles exercent leurs activités et de la reconnaissance du fait que les pratiques durables sont essentielles au succès des entreprises.

Les gens font également partie de la chaîne d’approvisionnement en ressources, car ce sont eux qui donnent aux sociétés minières le permis social d’exercer leurs activités dans la collectivité. Le concept d’acceptabilité sociale dérive de la notion bien établie de responsabilité sociale des entreprises, et il est fondé sur l’idée que les sociétés minières ont besoin non seulement de la permission (ou des permis) du gouvernement, mais aussi d’une « permission sociale » pour mener leurs activités.

Gestion des attentes

La bonne gestion des attentes des intervenants commence par une communication rigoureuse et efficace, ainsi que par une acceptation de responsabilité en tant que participant dans la collectivité.

On s’attend souvent à ce que la présence d’une mine ait des retombées positives pour une collectivité, par exemple l’amélioration des infrastructures, l’éducation et les possibilités d’emploi, mais il est essentiel que la société minière collabore avec des structures légitimes au sein de la collectivité pour évaluer les options qui conviennent le mieux à celle-ci vu ses moyens de subsistance. Lorsque les attentes ne sont pas comblées, c’est souvent en raison du manque de respect des coutumes et des valeurs locales, de collaboration au sein des structures établies de la collectivité et de communication avec la collectivité. De leur côté, le gouvernement et les collectivités doivent comprendre ce que la mine peut et entend offrir à la collectivité. Les entreprises qui veulent vraiment réussir doivent être honnêtes et ouvertes dès le départ. À titre d’exemple, si une entreprise sait que son but est d’établir une mine et d’utiliser de l’équipement mécanisé pour embaucher moins de travailleurs, elle doit le faire savoir à tous les intervenants et mettre en place un plan de développement des compétences pour permettre aux gens de l’endroit d’accéder au marché du travail. C’est prudent pour la mine, car c’est une façon de contribuer à la croissance durable de la collectivité.

Le défi

Les sociétés minières qui ne sont pas encore convaincues de l’utilité de la création de partenariats au sein de la collectivité doivent commencer à penser différemment, et beaucoup le font. L’ancienne façon de faire consistait à seulement tenir compte des exigences de la loi, sans envisager la situation dans son ensemble, c’est-à-dire le fait que les sociétés minières œuvrent au sein d’une communauté de gens qui ont des préoccupations sociales, des valeurs et des besoins, notamment l’environnement et l’infrastructure de leur collectivité. Nous avons constaté à maintes reprises que les mauvaises relations sont une cause d’indignation sociale qu’il est possible d’éviter.

Grand changement

Les collectivités ont aujourd’hui beaucoup plus de pouvoir, grâce à l’accès à Internet, aux médias sociaux et aux téléphones intelligents, même dans les régions éloignées. Les gens se renseignent sur les droits de la personne et sur leurs droits environnementaux, et comme ils peuvent voir ce que d’autres collectivités ont fait, ils savent quelle contrepartie ils peuvent et devraient demander aux sociétés minières.

Cette tendance mène à l’accroissement du niveau de responsabilisation, et à mesure que croît l’attention accordée aux pratiques durables, les entreprises comprennent mieux l’important rôle de partenaires qu’elles ont à jouer dans la collectivité. La collaboration réduit partiellement la responsabilité des mines et la perception selon laquelle les mines sont responsables de tout ce que les administrations locales ne peuvent pas offrir. Lorsque les relations sont bien gérées, une relation mutuellement avantageuse est créée, et elle est fondée sur la confiance, l’honnêteté et la transparence. Dans ce contexte, les citoyens sont susceptibles d’être amicaux, ouverts et disposés à écouter.

Des outils pour réussir

L’ICMM offre une trousse d’outils de développement communautaire gratuite. Il s’agit d’un ensemble de 20 outils destinés à être utilisés tout au long d’un projet minier. Ces outils visent à favoriser l’établissement de relations constructives, à renforcer les capacités et à accroître les possibilités de développement durable pour les collectivités situées à proximité de sites d’extraction de minerais et de métaux.

Golder a également mis au point des outils logiciels qui facilitent les processus de prise de décisions et de gestion liés au développement minier durable, en ce qui concerne les enjeux et les préoccupations des collectivités, les exigences des projets sur le plan géographique, ainsi que la planification et la conception des projets.

Mesurer le succès en cours de route

Au fur et à mesure que les mines et les promoteurs resserrent leur collaboration avec les collectivités, celles-ci se mobilisent pour participer de façon positive elles aussi. Les gens sont fiers de leur ville ou de leur village et veulent faire partie de la solution, partie du projet, et ils ont un vif désir de travailler en partenariat avec les promoteurs. Lorsqu’une collectivité contribue de façon significative à un projet, il peut naître un sentiment d’appartenance et de loyauté. Les entreprises qui donnent aux résidents la possibilité de mettre leur connaissance de l’endroit à contribution et de participer au projet s’assurent d’avoir la meilleure relation possible durant tout le projet.

Il s’agit de tenir des rencontres communautaires pour informer le public de manière à cibler divers groupes démographiques (âge, sexe, niveau socioéconomique), afin que tout le monde puisse comprendre. Pour mesurer le succès de ces rencontres, il ne suffit pas de compter le nombre de personnes qui se présentent. Le but est d’obtenir la participation d’un large segment de la population.

À chaque étape d’un projet, les gestionnaires de la mobilisation des intervenants effectuent une évaluation auprès de tous les intervenants et déterminent le succès du projet en se fondant sur les commentaires reçus.

Il s’agit essentiellement d’aider des gens à se comprendre. L’objectif à long terme est de gérer les attentes et l’effet de la mine sur une collectivité, de sorte que le travail que nous faisons aujourd’hui ait une incidence positive sur la collectivité bien après la fin de l’exploitation de la mine.

La bonne nouvelle, c’est que de nombreuses sociétés minières font bien les choses. Elles déploient des efforts supplémentaires pour faire ce qui est bon pour la collectivité, sur les plans environnemental, économique et social. Il faut parfois un peu plus de temps pour bien faire les choses, en raison du processus d’information et des rencontres de collaboration, mais au bout du compte, cela permet d’économiser du temps et de l’argent et de créer une base solide de respect mutuel et de productivité qui est précieuse pour la collectivité et pour la mine. Tout le monde y gagne.

Antoinette Pietersen

Responsable de la mobilisation des intervenants et formatrice

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