Cinq étapes pour mieux gérer les risques liés aux mouvements de terrain

Doug Stewart

Associé principal, ingénieur en géotechnique

Personne ne veut d’une surprise coûteuse lors d’un projet de construction. C’est une chose de dire que des mouvements de terrain peuvent se produire pendant la construction, mais c’en est une autre de prédire avec précision le moment et l’ampleur.

Malgré des techniques de planification et de conception adéquates, il est impossible d’échapper aux risques de mouvements des sols ou des composants de construction pendant ou après la construction. Dans la réalité, les plans de conception sont sujets à la variabilité. Parmi les conséquences de tels mouvements imprévus, notons les problèmes de disponibilité de service, la surcharge structurelle, l’augmentation des coûts de construction, les retards ainsi que les dommages causés à l’infrastructure et aux propriétés adjacentes. Puisque les mouvements de terrain font partie des réalités de la construction, que pouvez-vous faire pour garder votre projet sur les rails et éviter les conséquences néfastes?

1 – Préparez-vous aux événements à la fois prévisibles et imprévisibles

Premièrement, il convient d’examiner les événements raisonnablement prévisibles et de planifier en conséquence. À l’étape de la conception préliminaire du projet, les ingénieurs en géotechnique prévoient habituellement l’échelle et la vitesse de déplacement de certains composants, tels que les semelles peu profondes et profondes, les murs de soutènement, les remblais de terre, et ainsi de suite. Souvent, il est possible de recourir aux précédents de projets ou d’utiliser des méthodes de conception courantes. En revanche, les situations plus complexes peuvent demander des techniques de modélisation avancées.

Que ce soit à cause d’un manque de données d’enquête, d’une mauvaise application de la méthode observationnelle, d’erreurs, d’un manque d’expérience ou d’optimisme, de l’absence de précédents ou d’une prise en compte insuffisante des processus sur le chantier de construction, il peut arriver que certains types et certaines causes de mouvements de terrain ne soient pas abordés de façon adéquate ou directe pendant la phase de conception.

Il peut se produire des mouvements inattendus pendant ou après les travaux de construction : déviation excessive des pieux et des murs de soutènement, déplacement provoqué par l’installation ou le retrait de pieux ou de murs de soutènement, mise en place de matériaux de remblai sur un sol meuble ou afflux d’eau ou de terre dans les excavations, entre autres choses.

Afin de se prémunir contre les conséquences de tels mouvements inattendus, il y a lieu de mener une analyse approfondie de la question dans les plans de conception et de construction. Le fait d’investir dès le départ dans des études géotechniques, dans la conception et dans l’évaluation des répercussions de la construction, particulièrement lorsque les conditions de sol sont difficiles ou que les travaux de construction ont lieu à proximité d’autres infrastructures, peut présenter des avantages importants. Il vaut mieux ne pas reporter la gestion des conséquences à la phase de construction, car le problème sera alors probablement difficile à éviter et à résoudre, en plus d’entraîner des coûts considérables.

2 – Faites appel à des professionnels chevronnés

En ce qui concerne la compréhension et la gestion des conséquences liées aux mouvements de terrain, le niveau de connaissance des professionnels varie considérablement dans l’industrie de la construction.

Rien ne saurait remplacer l’expérience. La plupart des ingénieurs comprennent les principes de base; toutefois, les scénarios possibles de mouvements de terrain ne sont pas traités en profondeur dans les cours ou les manuels universitaires. En dépit des pratiques permettant d’évaluer les mouvements, il existe des circonstances dans lesquelles aucune méthode de prévision claire n’est possible.

Dans ce cas, les renseignements les plus fiables proviendront des ingénieurs qui ont observé sur le terrain des exemples de problèmes et de risques, des situations à éviter, ainsi que des solutions et des pratiques exemplaires. En obtenant le soutien d’experts-conseils chevronnés et d’entrepreneurs spécialisés qui comprennent la façon dont les divers composants d’un projet interagissent, les intervenants peuvent éviter les retards et les coûts imprévus pendant la construction.

3 – Évaluez et communiquez les risques

Tous les travaux de construction comportent divers degrés de risque. Il est essentiel de les cerner, puis de les communiquer à toutes les parties en cause afin de limiter les répercussions sur les coûts et le calendrier pendant la construction.

L’évaluation des risques par le responsable de la conception est une partie très importante du processus. Afin de pouvoir remplir efficacement une telle tâche, le responsable de la conception doit connaître les processus et l’équipement susceptibles d’être utilisés sur le chantier pendant les travaux. Après avoir défini l’éventail des problèmes qui pourraient survenir à différentes étapes du projet, les intervenants peuvent déterminer s’il y a lieu d’apporter des modifications à la gestion ou à la conception.

Par exemple, les mouvements importants qui peuvent se produire lors de l’installation de pieux faisant appel à une tarière à vis sans fin (CFA), du battage de pieux ou de l’extraction de palplanches ne sont pas toujours étudiés dans les plans de conception et de construction. Cet examen peut être laissé aux soins de l’entrepreneur mandaté pour les travaux de fondation, ce qui n’est pas sans poser de problèmes. En effet, puisqu’on a déjà choisi une méthode de construction dans certains cas, les possibilités d’apporter des changements à ce stade tardif sans conséquences coûteuses sont minces.

Il est parfois difficile de communiquer efficacement les risques entre toutes les parties en cause, car celles-ci entretiennent peut-être de mauvaises relations de travail ou exercent leurs activités dans des pays ou des contextes culturels où les normes ainsi que les processus de conception et de construction diffèrent. La solution, à cet égard, est que la partie responsable de la gestion du projet facilite la tenue de discussions ouvertes et régulières sur les risques et les perspectives du projet.

Lorsque les risques sont bien exposés, toutes les parties peuvent gérer les attentes et avoir une idée claire de leurs responsabilités. Cette précaution est particulièrement importante lorsqu’il faut modifier l’ordre de la succession des travaux de construction, la méthodologie ou la conception.

4 – Examinez le projet dans son ensemble et n’oubliez pas les environs

Pour évaluer et communiquer pleinement les risques, il faut dépasser les limites d’un lot de travaux particulier et les limites d’un chantier.

Il arrive parfois qu’un lot de travaux soit confié à un sous-traitant, moyennant des honoraires connexes limités, et qu’il soit entrepris de façon relativement isolée des autres volets du projet. Dans un tel cas, le sous-traitant risque de ne pas porter son regard au-delà des limites immédiates de la tâche, en plus de ne pas envisager ou de ne pas communiquer les répercussions plus vastes du lot de travaux. Il incombe à l’entrepreneur ou au gestionnaire principal de surmonter ce cloisonnement. Pour ce faire, il doit gérer adéquatement les relations et dresser un portait complet de tous les facteurs de risque.

Un autre avantage d’élargir son angle de vision est de pouvoir anticiper les effets potentiels des travaux sur les structures adjacentes. Il peut être difficile de cerner la part des travaux actuels dans la détérioration ou les dommages provoqués aux structures adjacentes, si elles n’ont pas fait l’objet d’une inspection adéquate avant que la construction ne commence.

5 – Gardez l’œil ouvert et agissez rapidement

Il est possible de contenir les effets négatifs des risques liés aux mouvements de terrain. Grâce à une gestion efficace, nous avons réalisé des projets dont les résultats ont dépassé les attentes initiales. Pour réussir, nous n’hésitons pas à interrompre les travaux de construction, à analyser l’ensemble des circonstances, à mettre en œuvre une série de petites modifications, puis à assurer une surveillance étroite.

Au moyen d’une surveillance attentive et consciencieuse des risques prévus pendant la période de construction, d’un cadre efficace de gestion et de contrôle du chantier ainsi que d’une application rapide de modifications pertinentes, vous pourrez maintenir le cap même en cas de mauvaise surprise.

Doug Stewart

Associé principal, ingénieur en géotechnique

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