Êtes-vous prêt(e) pour le NEMP 2.0 en l’Australie?

Greg Stratton Member Name

Spécialiste sénior de l’environnement

Matthew James Member Name

Spécialiste sénior de l’environnement

De nombreux alkyles perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont omniprésents dans l’environnement, très mobiles, persistants et bioaccumulables. Les PFAS demeurent donc un problème universel et complexe.

En Australie, les recommandations du National Environmental Management Plan for PFAS (NEMP) [plan national de gestion environnementale des PFAS; lien en anglais seulement] ont été mises à jour, et leur mise en œuvre a été approuvée par le Commonwealth et par certains États. Le NEMP 2.0, élaboré par des représentants des autorités de protection de l’environnement des États et publié en mai 2020, est un deuxième pas vers une meilleure gestion environnementale des PFAS et leur intégration dans les politiques et les cadres réglementaires existants.

Si vous travaillez avec des PFAS ou si vous êtes responsable de milieux dont on sait qu’ils sont affectés par les PFAS ou qui pourraient l’être, vous devez suivre les recommandations approuvées pour l’étude, l’évaluation, la gestion et la réhabilitation des terrains et des eaux contaminés par les PFAS, ainsi que pour le traitement des matières résiduelles contenant des PFAS.

Dans le présent article, nous abordons certaines des mises à jour et des priorités du NEMP 2.0 et les conséquences qu’elles pourraient avoir pour vous.

Conception des évaluations et de l’échantillonnage

Le NEMP 2.0 met fortement l’accent sur la prévention de la contamination, notamment sur les stratégies visant à limiter la migration des PFAS vers des zones hors site, à réduire la masse des sources de PFAS et à maintenir adéquatement les matières contenant des PFAS (p. ex. les produits et les déchets). Ainsi, le NEMP 2.0 souligne et réitère le principe fondamental de toute évaluation des terrains contaminés, à savoir l’importance d’élaborer un bon modèle conceptuel de site et la nécessité de prendre en compte toutes les voies de contamination par les PFAS. L’évaluation des voies sensibles et des récepteurs hors site au début d’une étude demeure une priorité importante. Le NEMP 2.0 comprend un ensemble de modèles conceptuels de site que vous pourriez être en mesure d’adapter aux sources, aux voies de contamination et aux récepteurs sensibles de votre site.

Bien sûr, il est difficile de comprendre le devenir et le transport dans l’environnement de quelque chose d’aussi mobile, bioaccumulable et persistant dans l’environnement que certains des PFAS. En outre, l’approche de précaution et l’évolution de la compréhension scientifique des effets des PFAS sur la santé humaine et l’environnement viennent compliquer les choses. Dans ce contexte, l’échantillonnage peut devoir s’étendre au-delà des habituels échantillons de sol, d’eau souterraine, de sédiments et d’eau de surface pour inclure le biote (p. ex. le sérum du bétail et les tissus des fruits de mer) afin de mieux évaluer le risque potentiel en fonction des données du site.

Vous devrez peut-être envisager des programmes d’échantillonnage nouveaux ou novateurs, visant précisément les défis à relever. Pour mieux cibler votre échantillonnage, réfléchissez attentivement à la question à laquelle vous souhaitez répondre en prélevant des échantillons de PFAS. Quelles décisions de réhabilitation, d’atténuation ou de gestion vos données d’échantillonnage éclaireront-elles? Le NEMP 2.0 contient un arbre décisionnel mis à jour pour vous aider à concevoir votre échantillonnage.

Le NEMP 2.0 ajoute également l’« échantillonnage passif » comme outil supplémentaire pour les évaluations et inclut « la charge et le flux de masse » comme éléments clés à prendre en compte relativement au risque. Les évaluations complexes des eaux de surface et souterraines exigent une réflexion attentive et l’utilisation de techniques et de méthodes d’échantillonnage validées afin de permettre l’obtention de données utiles. Lorsqu’elles sont bien faites, elles indiquent la meilleure façon de cibler et de prioriser les stratégies d’atténuation de l’exposition aux PFAS pour votre site.

Recommandations environnementales

Le NEMP 2.0 comprend une mise à jour mineure des recommandations concernant les sols pour les terrains résidentiels. Toutefois, elle ne s’applique pas lorsque les gens cultivent et consomment de grandes quantités de produits comme les œufs, la viande (p. ex. l’agneau ou le bœuf), les légumes et le lait. Dans de telles situations, les autorités réglementaires de la protection de l’environnement exigent une évaluation des risques propres au site si les terrains résidentiels ou ruraux ont été affectés par la contamination aux PFAS.

Pour ce qui est des évaluations écologiques, les recommandations concernant les sols demeurent inchangées et sont toujours provisoires. Cependant, tous les sites, qu’ils soient résidentiels ou industriels, doivent maintenant être évalués à la lumière des mêmes recommandations, étant donné que les animaux sauvages se nourrissent où bon leur semble. Toutefois, pour les sites industriels où l’on trouve généralement moins d’animaux sauvages, il y a un nouveau processus d’évaluation des sols. Le site doit maintenant posséder des caractéristiques précises pour que les recommandations écologiques les plus strictes s’appliquent, par exemple le développement intensif pour un site couvert à plus de 80 % de surfaces dures.

Le NEMP 2.0 contient maintenant des instructions claires en ce qui concerne l’application des valeurs recommandées pour le biote relativement au sulfonate de perfluorooctane (PFOS) et au sulfonate de perfluorohexane (PFHxS), en plus des SPFO. Il a été adapté pour tenir compte des incertitudes et des « toxicités potentiellement semblables » des PFHxS et des PFOS pour les mammifères et les oiseaux. En ce qui a trait à la santé écologique des oiseaux, selon les recommandations du NEMP 2.0 touchant les PFAS dans les œufs d’oiseaux (sauvages), les oiseaux pourraient être plus sensibles aux PFAS, et la valeur recommandée a été réduite d’un ordre de grandeur. Cela peut être particulièrement important pour les espèces d’oiseaux migrateurs qui fréquentent les terres humides côtières.

Réutilisation bénéfique de la terre et manutention sur place des matériaux

Tous les principes de réutilisation de la terre sont fondés sur le désir de protéger la santé humaine et l’environnement. Le NEMP 2.0 ne contient pas de critère unique à l’échelle nationale pour la réutilisation bénéfique de la terre; toutefois, il y est recommandé d’utiliser de multiples sources de données pour appuyer les décisions lorsque l’intention est que les matériaux demeurent sur place à long terme. Pour assurer une réutilisation bénéfique, il est nécessaire de comprendre en détail le risque de contamination par les PFAS. Le NEMP 2.0 établit plusieurs méthodes différentes pour envisager la réutilisation de la terre sur un site ou hors site, et l’organigramme de réutilisation de la terre a été développé et présente maintenant des options relativement à la conduite du processus.

Pour vous aider à planifier votre projet et à prendre des décisions, le NEMP 2.0 fournit maintenant une meilleure orientation à l’égard de la manutention des matériaux sur place, y compris une matrice fondée sur les risques portant sur la durée de stockage et les exigences de conception détaillée des moyens de confinement. Il y a également une liste de vérification utile (annexe E) pour l’entreposage des produits chimiques inutilisés contenant des PFAS. Comme l’indique la liste de vérification, vous devez faire valider les mesures de contrôle touchant l’entreposage des produits chimiques par des spécialistes afin de vous assurer que vos méthodes sont conformes au NEMP 2.0. Cela réduira le risque de dommages à l’environnement découlant de fuites ou de déversements.

Gestion des eaux usées

Comme il y a encore des études à faire pour mieux comprendre le devenir et le transport des PFAS dans l’environnement, surtout en ce qui a trait aux rejets des systèmes de traitement des eaux usées, le NEMP 2.0 recommande que l’approche de précaution soit maintenue pour le traitement des eaux usées afin de réduire les risques au minimum.

Le NEMP 2.0 offre maintenant plus de contexte et de conseils sur la gestion des eaux usées aux gestionnaires de l’eau (les responsables des services d’eau potable et d’eaux usées et les exploitants de sites d’enfouissement); toutefois, il ne contient pas de critères de rejet. Une priorité pour une future mise à jour du NEMP sera d’établir des critères et des conseils pour la gestion des PFAS grâce à une collaboration plus étroite avec l’industrie de l’eau. Entre-temps, les gestionnaires des services d’eau doivent élaborer leur propre cadre de gestion des PFAS axé sur les risques.

Le NEMP 2.0 contient un modèle de cadre de gestion des PFAS qui tient compte des besoins et de la situation particuliers des services d’eaux usées (p. ex. capacité de traitement), des intrants (p. ex. ententes relatives aux déchets industriels conclues avec l’industrie), des rejets. (p. ex. conditions d’obtention du permis de protection de l’environnement et conditions de consentement des installations) et des milieux récepteurs (p. ex. acceptation par la collectivité, valeurs écologiques). Le NEMP 2.0 insiste sur le fait que la principale stratégie de contrôle des risques consiste à réduire au minimum les sources de PFAS contaminant les eaux usées.

L’examen par les dirigeants des services d’eau et d’autres industries de leurs ententes relatives aux déchets industriels et les négociations entre les parties concernées offrent une occasion d’apporter les changements à la gestion des PFAS dans un esprit de collaboration.

Conseils de spécialistes

Le NEMP 2.0 reconnaît que le problème des PFAS est très complexe et comporte des aspects techniques difficiles. Il recommande ainsi que les intervenants chargés des responsabilités en matière de protection de l’environnement « demandent des conseils d’experts », en particulier sur des questions comme les précurseurs et les produits de transformation des PFAS, la rédaction d’un plan rigoureux d’échantillonnage et d’analyse de la qualité, l’échantillonnage du biote, les déchets industriels contenant des PFAS et les stratégies d’atténuation des risques pour gérer un événement de contamination des eaux usées.

Le défi de la contamination par les PFAS peut être surmonté, mais il faut souvent des spécialistes qui ont de l’expérience dans l’élaboration et l’application de méthodes fondées sur le risque à un coût abordable. Selon votre situation, vous devrez peut-être faire appel à l’expertise de spécialistes dans des domaines comme la toxicologie, l’évaluation des risques pour la santé, la réhabilitation de l’environnement, la modélisation hydraulique et la conception civile et géotechnique.

Grâce au NEMP 2.0 et à de bons conseils, vous arriverez à surmonter les difficultés et les incertitudes posées par cette catégorie de contaminants et à trouver une solution pratique, qui non seulement satisfait aux exigences réglementaires et de conformité actuelles et limite les responsabilités futures, mais aussi assure un environnement sûr et sain pour les générations futures.

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