Le pouvoir de l’animation 3D dans les litiges environnementaux

Denis Cutter

associé et directeur, MDB et CDAO

Elle est bien révolue, l’époque où l’animation 3D ne servait qu’au grand écran ou dans les jeux vidéos. De nos jours, cette technologie a trouvé des utilisations insoupçonnées, notamment dans les cas de litige, ce qui, avouons-le, a de quoi surprendre. Dans les secteurs de l’environnement et de la construction, les problèmes sont bien plus qu’une possibilité… ils sont malheureusement une réalité. Ces derniers peuvent entraîner une foule de conséquences, dont certaines sont mineures, mais d’autres, colossales, qu’on pense à des pannes de matériel, à des explosions de gaz, à des pertes financières d’envergure ou même à des décès.

En cas de litige, il est courant que les parties invitent des experts techniques à témoigner afin de soutenir leur équipe juridique. Ces experts étant hautement spécialisés dans des domaines qui exigent une terminologie pointue et des processus complexes, il est possible que certaines subtilités techniques échappent aux non-initiés, y compris aux avocats, aux arbitres et particulièrement aux jurés. Heureusement, l’animation 3D se révèle un outil efficace pour pallier ce problème : grâce à son pouvoir d’illustration, elle aide les experts techniques à présenter des notions complexes de manière accessible et dynamique.

Le rôle de l’animation 3D

La scène est un classique des séries judiciaires : un avocat qui présente ses explications à l’aide d’un tableau ou de diapositives tente maladroitement de revenir à l’image précédente pour apporter une précision. Heureusement, les choses ont changé. De nos jours, la technologie 3D rend les présentations plus précises, concises et réalistes.

Les avocats ont recours à des animations 3D en format vidéo pour décrire fidèlement des événements ou présenter des conditions, un peu comme dans les films. Ces vidéos peuvent se limiter à mettre en scène de simples formes minimalistes qui illustrent le lien spatial entre des objets ou des gens, ou encore présenter des scènes hautement réalistes qui mettent en lumière des événements complexes, voire des émotions. Ils illustrent des récits détaillés, captivants et convaincants.

De nos jours, les équipes juridiques peuvent recourir à la modélisation 3D pour guider le jury dans un environnement en monde ouvert où des objets sont représentés en temps réel.

À l’aide de preuves factuelles recueillies lors de l’enquête, il est possible de créer un environnement 3D en monde ouvert qui s’apparente à un jeu vidéo. Le jury peut ensuite assister à une démonstration en direct au cours de laquelle l’avocat interagit avec cet environnement, qui reproduit les événements et la situation en cause. Dans le cadre de cette démonstration, l’avocat peut « transporter » le jury sur le chantier où se sont déroulés les faits et, à l’aide de simples mouvements de la tête, révéler le champ de vision d’un opérateur qui utilise certains outils ou équipements. L’avocat peut également simuler l’utilisation d’engins comme une excavatrice ou un camion à benne. Il s’agit là d’un excellent outil pour reconstituer une scène d’accident : l’avocat peut démontrer, par exemple, que le champ de vision de l’opérateur était restreint, ou encore que les signaleurs n’étaient pas postés de façon à être visibles, soulignant ainsi le lien de causalité entre ces problèmes et leurs conséquences désastreuses, comme le happement d’une ligne électrique.

Il est facile de voir à quel point l’animation vidéo facilite la présentation et offre une expérience immersive, surtout lorsqu’on la compare aux simples illustrations statiques.

Les animations 3D peuvent également servir à explorer les récits des témoins. Par exemple, un témoin peut être persuadé de bien comprendre ce qu’il a vu, mais une animation 3D qui reconstitue la scène peut lui faire réaliser que ses souvenirs ne sont pas entièrement exacts. Cette technologie peut donc aider les témoins à préciser leurs témoignages.

Dans d’autres situations, les animations 3D peuvent servir à illustrer les données techniques complexes présentées par les experts techniques, qu’il s’agisse d’expliquer des éléments géographiques en subsurface, des réactions chimiques souterraines ou des problèmes survenus lors de la coulée d’une fondation en béton.

Exemples d’utilisation typiques

Dans le secteur de l’environnement, l’animation 3D peut s’avérer utile dans une panoplie de situations liées aux litiges. Penchons-nous maintenant sur quelques exemples hypothétiques.

Confinement de matières dangereuses

Une entreprise tierce a reçu le mandat d’assurer le confinement des matières dangereuses sur un chantier de construction. Malheureusement, elle a mal assemblé la géomembrane de confinement, et cette dernière s’est rompue, entraînant la lixiviation de contaminants dans le sol. Dans un tel cas, il est possible de représenter les éléments enfouis dans le sol, comme les fondations et les géomembranes, à l’aide de l’animation 3D, afin de montrer les points de rupture et la contamination qui en découle.

Ratés de construction

Un sous-traitant a bâclé son travail et n’a pas bien suivi les procédures associées à son permis. En effet, après avoir excavé au-delà de la profondeur demandée, il n’a pas pris la peine d’abaisser le niveau de la nappe phréatique par pompage ni d’étançonner les parois du creusement. Dans un tel cas, on peut recourir à l’animation 3D pour illustrer l’incidence de cette négligence sur des éléments souterrains. De la même manière, si le sous-traitant avait happé une canalisation souterraine lors de l’excavation et qu’une explosion de gaz s’en était suivi, l’animation 3D aurait pu permettre de remonter le cours des événements.

Génie géologique

On peut aussi recourir à l’animation 3D pour prévenir des problèmes en amont et ainsi éviter des litiges. Par exemple, cette technologie peut servir à visualiser l’incidence d’un chantier sur les propriétés adjacentes et l’approvisionnement d’eau, ou encore les répercussions possibles des contaminants sur le sol. Elle peut également être utilisée dans le cadre du processus d’octroi de permis et d’approbation des emplacements. Ainsi, un client inquiet pourrait présenter ces scénarios à l’autorité responsable de l’attribution des permis, lui fournissant un argument solide pour éclairer sa décision.

Des illustrations professionnelles à l’appui des témoignages d’experts

À quoi ressemble ce processus?

Voici à quoi ressemble le processus typique de création d’une animation pour une étude de cas :

L’enquête initiale – L’équipe juridique fait appel à un expert technique dans le cadre d’un litige. Elle pose des questions sur les faits qui sont en cause, puis analyse les éléments de preuve afin de définir sa stratégie. L’apport de l’expert technique peut s’avérer utile dans le cadre de cette phase d’analyse.

La collecte de l’information – À ce stade, l’expert technique collabore avec l’équipe de conception afin de régler des détails techniques. Les animateurs se lancent ensuite dans la création de scénarimages, dessinant une série de tableaux qui présentent l’évolution des événements. L’expert technique passe en revue leur travail, après quoi la mise au point d’un modèle initial peut commencer.

La création – À ce stade-ci, l’équipe juridique se penche sur les ébauches des modèles et fournit ses commentaires. Chaque cas étant unique, elle devra déterminer s’il suffira de créer de simples schémas interactifs ou s’il sera nécessaire de mettre au point une animation hautement réaliste. Une fois les modèles approuvés, l’équipe d’animation se remet au travail pour donner vie au scénario selon les exigences.

Quelques exemples de dénouements typiques

Chez Golder, nous employons des spécialistes en environnement qui comptent parmi les meilleurs sur la planète.

Nos experts techniques sont régulièrement sollicités comme témoins experts. En collaborant avec notre équipe interne spécialisée en stratégie numérique, ils peuvent appuyer leur expertise avec des animations et des représentations visuelles qui aideront nos clients aux quatre coins du monde.

Puisque chaque scénario d’application est unique, le recours à l’animation 3D doit être évalué au cas par cas. Cela dit, nous avons souvent constaté que l’animation 3D peut mener à des ententes à l’amiable, car elle permet une présentation efficace des éléments de preuve.

Dans plusieurs cas, cette technologie a permis le dénouement en arbitrage d’une affaire qui aurait autrement été entendue devant un jury. Nous avons même assisté à des cas où l’animation 3D a permis à un client inquiet de bien présenter l’information à un organisme d’attribution de permis avant que ne commence un projet de construction controversé, ce qui a permis d’éviter des défaillances et des accidents potentiels. Et, bien entendu, des animations ont été utilisées en cour pour présenter des notions complexes aux jurés, ce qui s’est traduit par des résultats favorables pour les clients.

Que nous réserve l’avenir?

L’animation 3D a connu une évolution considérable, même dans des applications hautement spécialisées du secteur de l’environnement. De nos jours, les représentations en monde ouvert et en temps réel gagnent en popularité, offrant une expérience semblable à celles des jeux d’ordinateur avec une qualité de l’image digne du cinéma hollywoodien.

Nous nous attendons à ce que cette technologie poursuive son évolution en offrant aux utilisateurs une expérience de visite immersive qui leur permettra d’observer un milieu en temps réel. Les avancées dans les domaines de la réalité virtuelle (RV), de la réalité augmentée (RA) et de la réalité mixte (RM) offriront aux animateurs et aux équipes juridiques de nouvelles occasions de collaboration pour donner vie à un éventail élargi de situations à partir de données précises.

Il ne fait aucun doute que les équipes juridiques seront de mieux en mieux informées au sujet des différentes options qui s’offrent à eux pour présenter leur position. Avec l’animation 3D, elles peuvent désormais compter sur une méthode immersive et convaincante pour présenter des données techniques et factuelles en soutien aux causes de leurs clients.

 

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Denis Cutter

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