Le travail sur le terrain à l’ère de la numérisation : une révolution pour la gestion des projets et de l’information

Bryan Waller

B. Sc. GISP, associé, consultant sénior en gestion de l’information

Avec le progrès de la technologie, les entreprises auront de plus en plus d’occasions d’intensifier leur virage numérique. Voilà une situation qui profite à un grand nombre d’industries, y compris celles qui nécessitent la collecte, la gestion et l’analyse de grandes quantités de données, comme les secteurs de l’environnement, du génie et de la construction. À une époque où presque tous les employés transportent sur eux un ordinateur (c’est-à-dire leur téléphone intelligent), la collecte et la consultation de données par voie mobile sont plus courantes et accessibles que jamais… Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Une rétrospective de la collecte de données

Auparavant, la collecte de données sur le terrain se faisait avec du papier et un crayon. Quand on y repense, cette méthode présentait certains inconvénients, surtout les jours de pluie et de grand vent, et elle n’était pas sans risque. Il fallait veiller à ne pas perdre de feuille au vent, à ne pas égarer son bloc-notes et à protéger ses résultats des éclats de boue. Et c’est sans compter les délais de transcription et d’analyse, car il fallait saisir toutes les données sur une feuille de calcul qu’on envoyait ensuite par courriel, par télécopieur ou même par service de messagerie. Ce processus pouvait prendre des semaines, voire des mois.

L’arrivée des ordinateurs portatifs et des tablettes est venue changer la donne, car bien que robustes et encombrants, ces outils pouvaient être transportés sur le terrain. Toutefois, certaines contraintes subsistaient, et la création d’outils électroniques personnalisés exigeait un investissement substantiel de temps et d’argent. Si bon nombre d’entreprises ont préféré ne pas adopter ce virage, celles qui l’ont fait ont ensuite récolté les fruits de leur décision. Malgré ce pas en avant, plusieurs difficultés persistaient, qu’on pense à l’autonomie des piles, à la lenteur des systèmes d’exploitation, aux logiciels complexes et, bien sûr, à la terrifiante éventualité d’un plantage qui provoquerait la disparition des données. N’oublions pas que certains de ces systèmes étaient encore en usage il y a seulement 5 ou 10 ans.

Cette évolution de la technologie apporte une panoplie d’avantages, dont les suivants :

  • Des économies de temps – Il s’agit sans doute de l’avantage le plus intéressant que nous apporte la numérisation de la collecte de données sur le terrain.
  • Une efficacité accrue – Les données peuvent être consignées puis transmises en temps réel à des experts techniques ou à des chargés de projet restés au bureau, permettant un gain d’efficacité et une diminution des temps d’arrêt.
  • Une réduction des coûts – Il est maintenant facile de se procurer des applications qui peuvent être adaptées en fonction des besoins d’une entreprise. Les économies réalisées sur les coûts de mise au point de logiciels et de matériel se chiffrent en milliers de dollars.
  • Des fonctionnalités intégrées – Il est possible d’intégrer des applications pour téléphone intelligent au réseau sécurisé d’une entreprise pour permettre un accès direct.
  • Moins de risque – Avec l’infonuagique, les données sont enregistrées en toute sécurité. Le risque de perte est minime.
  • Des rapports automatisés – Il est possible d’afficher des données sur un tableau de bord pour visualiser l’avancement d’un projet ou obtenir des renseignements clés. La création de rapports peut être automatisée, et ces derniers peuvent être consultés n’importe où.
  • Des flux de travail – Il est possible de configurer des systèmes et des flux de travail automatisés afin d’avertir les acteurs concernés de tout problème ou avancement notable en temps réel.

L’environnement numérisé d’aujourd’hui

Sur le terrain, les façons de faire ont connu une évolution époustouflante. Presque tous les employés transportent aujourd’hui un téléphone intelligent doté d’une panoplie d’applications. Ces gadgets sont partout, à un point tel qu’on les tient trop souvent pour acquis. Lorsqu’une employée se rend sur le terrain, elle peut facilement entrer des données directement sur son téléphone. Elle doit se rendre au bout du monde? Aucun problème! Les données seront téléversées automatiquement aussitôt qu’elle reviendra dans une zone de couverture cellulaire.

Des exemples sur le terrain

L’adoption du numérique sur le terrain se révèle avantageuse dans un grand nombre de situations. En voici quelques exemples :

  • la consignation de données géotechniques sur le mouvement ou la vibration;
  • la surveillance des données hydrogéologiques comme le niveau et le débit de l’eau de puits;
  • l’échantillonnage et la caractérisation des sols et de la végétation pour en analyser la qualité, les contaminants et les pathologies;
  • la gestion de multiples équipes et des données recueillies avant et après la construction.

Golder a récemment mis à profit la numérisation dans le cadre d’un projet de construction d’envergure mené par un de ses clients. Une équipe a été dépêchée sur le terrain avant le début des travaux afin de consigner la présence de nids d’oiseaux dans des arbres devant être abattus. Le but de son intervention : recueillir des données sur les espèces d’oiseaux du secteur qui risquaient d’être affectées ou chassées de leur milieu naturel, des conséquences qui auraient pu retarder la construction et se traduire en amendes pour le client.

Ce mandat exigeait la prise en compte de différentes variables en raison du nombre d’espèces. Par exemple, chaque espèce requérait la désignation d’un rayon de protection spécifique, dont certains auraient pu causer l’interruption du projet en l’absence de mesures de protection. Un flux de travail a été mis en place : une fois qu’une espèce était identifiée, les experts concernés étaient informés de son emplacement, de son rayon de protection et de l’espace nécessaire au déplacement sécuritaire des oiseaux. Les biologistes de terrain leur proposaient ensuite des options de mitigation. Cette communication se faisait en temps réel entre le site et le bureau. Ces mesures ont non seulement permis d’assurer la protection des oiseaux conformément aux exigences en matière d’octroi de permis, mais elles ont aussi réduit le risque que les travaux soient retardés.

Puisque les données ont été recueillies bien en amont, il a été possible de prévenir ou de pallier les problèmes avant le début de la construction, ce qui a permis d’éviter retards et temps d’arrêt. De plus, le lieu et le moment de l’observation de chaque nid ont été consignés dans la base de données. Ces renseignements constituaient une preuve de diligence raisonnable durant la construction, contribuant à atténuer les risques liés à la conformité.

L’avenir de la saisie de données par voie mobile

Au fil des progrès technologiques et des avancées de l’apprentissage machine, nous nous attendons à ce que les secteurs de l’environnement, du génie et de la construction réalisent encore plus d’économies de temps et d’argent. À ce chapitre, il y a fort à parier que l’imagerie des données jouera un rôle de premier plan. Par exemple, l’apprentissage machine nous permettra d’analyser des clichés aériens afin de produire des descriptions écologiques qui identifieront et quantifieront la flore dans une zone donnée. Il nous permettra aussi de recueillir des données en continu sur certains sites, notamment pour identifier en tout temps les espèces qui circulent dans un secteur, et ce, en maintenant l’intervention humaine au minimum. Les experts techniques auront ainsi plus de temps pour se consacrer à l’analyse et à la prise de décision.

De façon générale, on peut aussi s’attendre à une amélioration de la connectivité dans les zones reculées grâce à l’élargissement de la couverture cellulaire. Dans l’ensemble, la collecte des données se fera de plus en plus facilement et rapidement, et les rapports et outils d’analyse seront accessibles en temps réel. Grâce à ces progrès, les entreprises pourront économiser temps et argent. Celles qui seront les premières à adopter ces technologies seront également les premières à en récolter les fruits.

Bryan Waller

B. Sc. GISP, associé, consultant sénior en gestion de l’information

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